Lorsque
Christophe Colomb découvre l'île qu'il baptise
Hispaniola en 1492, il y rencontre des Indiens Arawaks
et Caraïbes; ces derniers massacrèrent la garnison
espagnole laissée par l'explorateur. Les Espagnols reprennent
pied sur l'île en 1493, mais les Indiens se révoltent
souvent.
La
colonisation
Hispaniola
fut un véritable laboratoire pour les colonisateurs:
la culture de la canne à sucre commença dès 1494;
les Espagnols expérimentèrent le système
de l'encomienda (mais les Indiens furent rétifs et il
fallut importer des esclaves Africains dès 1503).
La découverte des richesses sur le continent marginalisa
progressivement Hispaniola. Des flibustiers et des boucaniers
français s'y installèrent au début du XVIIe siècle.
Le traité de Ryswick consacra en 1697 la partition
de l'île entre les Français à Haïti
et les Espagnols à Santo Domingo. La révolte des
esclaves d'Haïti en 1791 poussa les Espagnols à
céder entièrement l'île à la France
en 1795 (traité de Bâle), que celle-ci conservera
jusqu'en 1809. À cette date, Toussaint Louverture
a déjà chassé les Français d'Haïti,
et les Espagnols, aidés par les Anglais, reprennent possession
de Saint-Domingue.
Depuis
l'indépendance
Le
mouvement d'indépendance qui secoue l'empire espagnol
gagne Saint-Domingue, et la République Dominicaine est
proclamée en 1844. La seconde moitié du XIXe siècle
est marquée par les multiples invasions des Haïtiens.
Afin d'obtenir l'aide des Espagnols, le général
Santana proclama l'annexion du pays à l'Espagne en 1861.
Les Dominicains se révoltèrent et obtinrent définitivement
l'indépendance en 1865. À la fin du XIXe siècle,
le pays connaît une certaine prospérité
sous la dictature de Heuraeux. L'essor de l'économie
sucrière suscité par des investisseurs nord-américains
s'accompagne de la construction de voies ferrées. L'assassinat
du président Caceres en 1911 provoque une guerre
civile qui s'achève par l'intervention de l'armée
nord-américaine (1916-1924). À partir de 1930,
Rafael Leónidas Trujillo impose une régime dictatorial
marqué par une brutale répression policière,
mais aussi par un certain développement économique.
Après l'assassinat de Trujillo (1961), le libéral
Juan Bosch gouverne puis est renversé en 1963 par
les militaires. En 1965, un gouvernement révolutionnaire
prend le pouvoir, l'intervention militaire nord-américaine
met fin à l'expérience (avril 1965) mais
le pays reste secoué par de graves émeutes jusqu'en 1966.
Sous la présidence de Joaquín Balaguer (1966-1978),
placé à la tête du pays par les États-Unis,
la tension reste vive. Après les présidences d'Antonio
Guzmán Fernández (1978-1982) et de Jorge Blanco
(1982-1986), le parti conservateur revient au pouvoir et Joaquín
Balaguer est réélu en 1990 puis en 1994
pour un mandat présidentiel. En 1996, le candidat du
parti de libération dominicaine, Leonel Fernández
Reyna, soutenu par l'ancien président Joaquím
Balaguer, remporte les élections présidentielles
avec un peu plus de 51 % des voix. Le 19 mai 2000,
le représentant de l'opposition social-démocrate
(Parti révolutionnaire dominicain, PRD), Hipolito Mejia
obtient, dès le premier tour des élections présidentielles,
49,87 % des suffrages contre 24, 94 % à Danilo
Medina, candidat du parti au pouvoir (Parti de la libération
dominicaine, PLD), qui avait préalablement reconnu sa
défaite en se retirant du scrutin.