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L'HISTOIRE d'HAITI

Cartes Haiti

 Christophe Colomb, qui après avoir reconnu la côte nord de Cuba, aborda Haïti lors de son premier voyage de découverte, le 6 décembre 1492, nomma l'île la Española, ou Hispaniola, «la petite Espagne». Dans la nuit de Noël, tandis que l'équipage se reposait des émotions, la Santa Maria s'abîma sur un banc de récifs, à quelques encablures de la côte nord-ouest de l'île, et sombra. Voyant dans ce naufrage un signe de la providence, Colomb décida de fonder un établissement avec les vestiges de la caravelle, que des Indiens Arawaks aidèrent à transporter à terre. Ainsi fut fondé le petit fortin de la Navidad (contraction de Natividad, « Noël » en espagnol), le premier établissement européen en terre américaine. Le 4 janvier 1493, Colomb quitta la Navidad à bord de la Niña, devenue le navire amiral, laissant derrière lui 39 hommes. Cette petite colonie de Navidad allait vite connaître une fin tragique : rapidement, les Espagnols se livrèrent sur les Arawaks à de telles atrocités que, conduits par leur cacique Caonabo, les Indiens se ruèrent à l'attaque du fort et en massacrèrent tous les Espagnols. Après l'échec de ce premier établissement, la première colonie espagnole du Nouveau Monde fut établie à Isabela, sur la côte nord de ce qui est aujourd'hui la République Dominicaine. Confiée à des religieux, notamment des dominicains, l'île fut nommée Santo Domingo. En moins de 50 ans, la population indigène, constituée d'environ 100.000 Indiens Arawaks, fut exterminée par les maladies et les mauvais traitements. A mesure que cette main-d'œuvre qu'ils tuaient au travail était en voie d'extinction, les colons espagnols, se préoccupant surtout des métaux précieux, dédaignèrent l'exploitation de la terre. 

Le temps de la colonie 

Au cours du XVIIe siècle, ils laissèrent les Français occuper la partie occidentale de l'île (aujourd'hui Haïti). Les premiers Français furent des boucaniers basés sur l'île de la Tortue, au nord-ouest de l'île. Sous l'impulsion de Colbert, Port-au-Prince, fondé en 1649 au fond du golfe de Gonâve, se développa à partir des années 1660. En 1697, les traités de Ryswick reconnurent à la France la possession de la partie occidentale de l'île, sans réellement en préciser la frontière. Les Français renommèrent leur colonie Saint-Domingue; le travail des milliers, bientôt des dizaines de milliers d'esclaves importés d'Afrique donna une grande prospérité aux plantations de canne à sucre et de coton, et cette « perle des Antilles françaises » devint la colonie la plus riche de cette région du monde. A partir de 1770, les plantations de café s'ajoutèrent à celles de la canne à sucre et de coton. A la veille de la Révolution, la valeur des exportations de Saint-Domingue (Haïti) dépassait celle des Etats-Unis. On comptait environ un demi-million d'esclaves noirs, 30.000 colons blancs qui possédaient les deux tiers des terres, et 20.000 métis libres ou affranchis, parfois alphabétisés, qui possédaient le dernier tiers des terres cultivées et qui, après l'indépendance, allaient constituer la nouvelle oligarchie. 

Les révoltes d'esclaves, qui n'avaient jamais cessé (notamment dans les années 1720 et 1760), se multiplièrent dès que parvinrent à Saint-Domingue (Haïti) les premières nouvelles de la Révolution. Le 14 août 1791, tandis que les colons s'opposaient aux envoyés de Paris, une insurrection dirigée par Toussaint Louverture, un régisseur noir alphabétisé, éclata; 1.000 Blancs furent assassinés, et les plantations et les sucreries furent saccagées. Le 27 août 1793, les envoyés extraordinaires de la Convention, Sonthonax et Polverel, annoncèrent l'abolition de l'esclavage et proposèrent aux esclaves libérés de travailler dans les plantations en tant qu'associés; mais ces derniers, redoutant le rétablissement déguisé du travail forcé, abandonnèrent les plantations et se réfugièrent en masse dans les montagnes. Puis, profitant des dissensions entre colons blancs et métis, les esclaves mirent à profit le fait que la France, en guerre contre le Royaume-Uni (1793-1802) et contre les Etats-Unis d'Amérique (1798-1801), était hors d'état d'intervenir militairement dans sa colonie et même d'occuper la partie orientale de l'île, que les Espagnols durent abandonner en 1795. La grande figure du soulèvement haïtien fut François Dominique Toussaint, dit Toussaint Louverture. En 1795, devenu l'adjoint du gouverneur français de Saint-Domingue, Toussaint fut placé à la tête des troupes et se lança à la conquête de la partie orientale de l'île, abandonnée par les Espagnols, mais que les Britanniques avaient immédiatement occupée. Le traité de Bâle (1795) entérina cette unification par la France. Nommé général en chef en 1796, Toussaint chassa les Britanniques de Santo Domingo en 1798, y abolit l'esclavage, et se proclama gouverneur général de l'île réunifiée. En 1801, il rappela les colons, et voulut restaurer la prospérité en organisant durement le travail. Mais la France, qui avait entre-temps fait la paix avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, était alors de nouveau en mesure d'intervenir militairement. En 1802, Bonaparte (sous la pression de son épouse créole) rétablit l'esclavage et envoya un corps expéditionnaire sous les ordres de son beau-frère, le général Charles Leclerc, restaurer la souveraineté française dans l'île; après être parvenu, avec beaucoup de difficulté et au prix de pertes sévères, à vaincre les troupes haïtiennes, Leclerc, par traîtrise, réussit à faire prisonnier Toussaint Louverture et le transféra en France, où il mourut en 1803. Deux compagnons de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe prirent alors la tête de l'insurrection; celle-ci, bien armée par les Etats-Unis (où le président Jefferson craignait que Saint-Domingue, si l'île retombait aux mains des Français, leur servît de base pour occuper la partie de la Louisiane que l'Espagne avait dû rétrocéder en 1800), et galvanisée par le mot d'ordre « l'indépendance ou la mort », remporta en novembre 1803 une victoire décisive sur les troupes du vicomte Donatien de Rochambeau (fils du commandant du corps expéditionnaire français dans la guerre d'Indépendance américaine, et qui avait succédé à Leclerc, mort l'année précédente de la fièvre jaune). Le 18 novembre 1803, vaincu, décimé par les fièvres, le corps expéditionnaire français, que la réouverture des hostilités avec la Grande-Bretagne empêchait de secourir, dut capituler; fait prisonnier, Rochambeau fut remis aux Britanniques; quelques survivants trouvèrent refuge dans la partie orientale de l'île. Le 1er janvier 1804, les insurgés proclamèrent l'indépendance de la partie occidentale de l'île, à laquelle Dessalines rendit son nom arawak, «Haïti». 

L'indépendance

Le pays, qui ne comptait plus que 380.000 habitants, devenait ainsi la première république noire. Dès sa naissance, la jeune république, par ailleurs en butte à l'hostilité des colons qui occupaient encore la partie orientale de l'île, récupérée par les Espagnols, fut déchirée par des luttes intestines. Tout au long du XIXe siècle et au cours de la première moitié du XXe siècle, Haïti fut la proie de luttes politiques confuses. De 1804 à 1957, 24 chefs d'Etat sur 36 furent renversés ou assassinés. 

Voulant briser le système colonial, Dessalines s'opposa à la nouvelle oligarchie métisse, qui avait succédé aux colons blancs. En septembre 1804, il abolit la République et se proclama empereur sous le nom de Jacques Ier. En 1806, il fut assassiné. Sa mort fut le signal d'une guerre civile. En 1807, deux hommes se partageaient le territoire : au sud, une petite république était dirigée par Alexandre Sabès, dit Pétion, un métis qui avait gagné la France en 1801, était revenu avec Leclerc et avait rejoint Dessalines en 1803; au nord, Henri Christophe, un ancien compagnon de Toussaint et chef de guerre contre la France, avait également proclamé une république; en 1811, Christophe transforma sa république en un royaume, adoptant le nom d'Henri Ier. Au Sud comme au Nord, des révoltes locales contre les oligarchies métisses ne cessèrent d'éclater pendant cette période. En 1808, les Espagnols reprirent le pouvoir dans la partie orientale de l'île. (Rappelons que celle-ci se nommait Santo Domingo – en français Saint-Domingue, le même nom que l'ancienne colonie française, devenue Haïti – et que pendant longtemps les géographes appelèrent la totalité de l'île tantôt Saint-Domingue, tantôt Haïti.) Après la mort de Pétion, en 1818, puis le suicide du roi Christophe pendant un soulèvement, en 1820, Haïti fut de nouveau unifiée sous la présidence d'un métis, Jean-Pierre Boyer. En 1821, les Blancs de Saint-Domingue (plus nombreux que les Noirs) se révoltèrent contre Madrid et proclamèrent la République Dominicaine, mais les Haïtiens s'en emparèrent en 1822: l'île était de nouveau unifiée. En 1825, Boyer obtint la reconnaissance de l'indépendance d'Haïti par la France, mais celle-ci exigea en contrepartie le paiement d'une énorme indemnité aux planteurs dépossédés. Pour payer cette indemnité, Haïti dut emprunter à la France, à un taux usuraire, l'argent nécessaire; Haïti honora sa dette, mais, pendant un siècle, le remboursement et le service de cette dette allaient peser lourdement sur son économie, déjà ruinée par des années de guerre civile. Boyer, qui gouverna en s'appuyant sur les oligarchies métisses, ne put redonner la prospérité au pays, tandis que les révoltes rurales se succédaient. Son principal succès fut, en 1822, la libération de la partie espagnole de l'île; ce fut la dernière tentative de création d'un grand Etat haïtien unifié. En 1843, Boyer, renversé, s'exila en France. En 1844, les Dominicains se soulevèrent contre Haïti et l'île fut de nouveau, et dès lors définitivement, coupée en deux entités distinctes. 

Révoltes et répressions En Haïti, pendant des décennies, les révoltes se succédèrent. En 1847, un Noir insurgé, Faustin Soulouque, fut élu président de la République. En 1849, il transforma celle-ci en un empire et devint Faustin Ier. Selon un schéma trop familier, Faustin, persécuteur de son peuple, chercha à l'extérieur des appuis pour asseoir son autorité despotique; en échange d'avantages économiques et commerciaux ruineux pour l'économie haïtienne, la France, l'Espagne et les Etats-Unis, l'aidèrent à consolider sa dictature. En 1859, il dut cependant s'enfuir devant un soulèvement populaire. Nicolas Fabre Geffrard rétablit la république. Mais l'oligarchie en place se révéla économiquement impuissante. Les grandes sociétés de commerce et les banques, toutes étrangères, ne désiraient en aucune manière l'industrialisation de l'île ni la reconversion de son agriculture de plantation. La paupérisation se poursuivit. Les révoltes des piquets (paysans armés de piques) se succédèrent. À partir de 1870, on nomma cacos les révoltés. 

La plus puissante insurrection de cacos débuta en 1911; le principal meneur en était Charlemagne Péralte. Ces désordres, alimentés autant par les difficultés économiques que par l'hostilité entre l'«aristocratie» mulâtre et la masse de la paysannerie noire, conduisirent Haïti, après un siècle d'indépendance précaire, à la perte de sa liberté : l'assassinat du président Jean Vilbrun Guillaume, le sixième président à trouver une mort violente depuis 1911, allait fournir au président Woodrow Wilson un alibi humanitaire pour intervenir militairement à Haïti : le 28 juillet 1915, les «marines» américains débarquèrent, s'emparèrent de Port-au-Prince, et, après avoir noyé dans le sang le soulèvement des cacos (cette répression fit des milliers de morts; Péralte lui-même parvint à prendre le maquis, mais fut arrêté huit ans plus tard et fusillé), imposèrent jusqu'en 1934 un protectorat de fait (qu'ils complétèrent l'année suivante en prenant possession de l'autre partie de l'île, où ils imposèrent également jusqu'en 1924 leur protectorat à la République de Saint-Domingue). Des présidents fantoches furent mis en place, tandis que le pays était réellement dirigé par des hauts-commissaires militaires américains; en 1922, fut souscrit auprès des banques américaines un emprunt d'État dont les taux de rendement se révélèrent extrêmement profitables pour les souscripteurs, américains dans leur quasi-totalité, mais ruineux pour l'économie d'Haïti. Sous la pression des États-Unis, une nouvelle constitution fut proclamée, autorisant la possession de terres par des étrangers; déforestation, expropriation, exil des paysans allèrent bon train. Les dernières troupes américaines quittèrent Haïti en 1934, mais la présence des Etats-Unis demeura très forte. 

Au président Stenio Vincent (1930-1941), choisi par les Etats-Unis, succéda Elie Lescot, ancien ambassadeur d'Haïti à Washington, qui se révéla plus favorable encore que son prédécesseur aux intérêts économiques américains. (Lescot était également attentif à ne pas léser les intérêts culturels de ses protecteurs; en 1946, il fit interdire une revue qui venait de consacrer un de ses numéros au poète surréaliste français André Breton, et fit emprisonner ses rédacteurs, les écrivains René Depestre et Jacques-Stephen Alexis.) Peu reconnaissants pour les services rendus, les États-Unis n'intervinrent pas pour sauver Lescot qu'un soulèvement populaire de Port-au-Prince força à démissionner; il fut remplacé par un triumvirat militaire qui mit fin à la législature et proclama une nouvelle constitution. Élu pour succéder à Lescot, Dumarsais Estimé, le premier président noir d'Haïti depuis l'invasion américaine en 1915, s'attacha à réprimer les syndicats et les partis de gauche. Une junte le déposa en 1950 lorsque, contre la Constitution, il manifesta l'intention de se représenter à l'élection présidentielle, et le même triumvirat qui l'avait porté au pouvoir quatre ans plus tôt le déposa et prit sa place; le colonel Paul Magloire, l'homme fort de ce triumvirat, élu au terme d'élections truquées, exerça rapidement un pouvoir dictatorial auquel il fut obligé de renoncer en 1956 devant un soulèvement populaire déclenché par un mouvement étudiant de Port-au-Prince. 

Le duvaliérisme Après le départ de Magloire pour les États-Unis, une période chaotique de neuf mois s'acheva le 22 septembre 1957, avec l'élection de François Duvalier (« Papa Doc »); ce dernier, médecin à l'hôpital de Port-au-Prince et dirigeant d'une importante secte vaudoue, avait occupé par le passé plusieurs postes ministériels dans le gouvernement d'Estimé. Convaincu d'être l'indispensable «chef des Noirs», il liquida rapidement toute apparence démocratique dans la vie politique. Exploitant la vieille rancœur des masses populaires contre les notables métis, et secondé par sa garde prétorienne de 40.000 « tontons macoutes » qui faisait régner la terreur, il se fit réélire en 1961, et fit proclamer trois ans plus tard une nouvelle constitution le désignant comme «président à vie». Dès lors, accentuant encore son absolutisme dément, multipliant les meurtres d'opposants politiques, persécutant les métis (au nom de la négritude), les intellectuels et l'Église, il exerça jusqu'à sa mort en 1971 une implacable dictature. Pour équilibrer le pouvoir de ses terribles «tontons macoutes», il confia également à l'armée et à une milice spéciale une partie de la tâche de terroriser la population. Une surveillance policière omniprésente, la censure la plus rigoureuse, l'évocation répétée de prétendus «complots du communisme international», les assassinats politiques, la torture et l'emprisonnement sans jugement, ainsi que le rappel constant des pouvoirs mystiques que lui conférait son titre de grand prêtre vaudou, tels furent les aspects de la dictature exercée par Duvalier. Après sa mort, son fils Jean-Claude, âgé de 19 ans (« Bébé Doc »), lui succéda comme président à vie. Sous la dictature de son père, l'incapacité du gouvernement et la corruption généralisée avaient conduit à un effondrement du revenu national, aggravé par la disparition des investissements étrangers et des ressources du tourisme, que l'aspect policier du régime avait fait fuir. Jean-Claude Duvalier, tout en exerçant la même dictature que son père, tenta de donner une nouvelle image de son régime, afin de favoriser une reprise des investissements étrangers; mais son entourage était divisé sur cette question: les vieux collaborateurs de Papa Doc (les « Dinosaures ») ne supportaient aucune réforme. Bébé Doc mena donc une existence fastueuse et le déficit se creusa de plus en plus, malgré une certaine reprise de l'aide économique des États-Unis. En masse, les Haïtiens continuaient de fuir le pays, le plus souvent au péril de leur vie, dans des embarcations de fortune. 

Dans les années 1980, les mouvements de protestation contre la corruption du régime et les injustices sociales furent encadrés par des prêtres de l'Eglise catholique. En 1984, pour la première fois depuis le début de la dictature des Duvalier, des émeutes éclatèrent, et les populations des bidonvilles mirent au pillage les entrepôts de nourriture. 

L'après-duvaliérisme En novembre 1985, une manifestation de la jeunesse fut sauvagement réprimée. L'unanimité se faisait contre le régime. Au début de février 1986, de nouvelles émeutes agitèrent les principales villes du pays. Le 7 février, Jean-Claude Duvalier dut s'enfuir en France dans un avion de l'armée américaine. Légalisés, les partis politiques se créèrent par dizaines, ainsi que les journaux et les stations de radio, mais ce fut un Conseil national du gouvernement (CNG), composé de six duvaliéristes, qui fut chargé d'assurer la transition. Les élections d'octobre mobilisèrent moins de 5 % des inscrits. En revanche, la nouvelle constitution, en mars 1987, fut ratifiée par un très grand nombre d'électeurs. Les «tontons macoutes» perturbèrent les élections législatives, qui se déroulèrent finalement en janvier 1988. Un duvaliériste, Leslie Manigat, fut élu: en juin, un coup d'Etat militaire porta au pouvoir le général Namphy, qui fut chassé en septembre par le général Prosper Avril. Celui-ci démissionna en avril 1990. Mme Ertha Trouillot, choisie par les douze partis d'opposition, exerça alors la présidence d'un gouvernement civil de transition. En décembre 1990, des élections régulières se tinrent enfin. Le père J-B Aristide (prêtre exclu de son ordre en 1988 pour ses positions réputées d'extrême gauche) fut élu président de la République à une large majorité. En septembre 1991, à la suite d'un putsch sanglant, suivi d'une violente répression, une junte militaire dirigée par le général Raoul Cédras reprit le pouvoir. Aristide s'exila aux Etats-Unis. Ces derniers décidèrent le blocus économique d'Haïti, ce qui aggrava plus encore la vie dans l'île. Poussés par la misère, des milliers d'Haïtiens fuirent ou tentèrent de fuir le pays. Cherchant à gagner du temps, les putschistes se dérobèrent aux ordres américains. En septembre 1994, les Etats-Unis, avec l'accord de l'ONU, envoyèrent enfin un corps expéditionnaire dans l'île. Le président Aristide fut rétabli dans ses fonctions le 15 octobre 1994. En décembre 1995, René Préval, membre de la coalition gouvernementale d'Aristide, fut élu à la présidence de la République et confia la direction du gouvernement à Jacques Edouard Alexis en 1998. En novembre 2000, dans un pays privé de Parlement depuis 1999, Aristide reprenait la tête de l'État après des élections boycottées par l'opposition et entachées d'irrégularités.